BIOGRAPHIE
Un temps yakuza, Koji Wakamatsu devient cinéaste après avoir purgé une peine de prison, en jurant de faire du cinéma une arme politique pour dénoncer les abus du pouvoir. En 1959, il entame ainsi une carrière à la télévision avant de réaliser quatre ans plus tard ses premiers films pour le cinéma. Il est alors libre de filmer ce que bon lui semble à condition d’y injecter un maximum de scènes de sexe et de violence. C’est donc par stratégie qu’il mène une carrière remarquée dans le cinéma pink, dans le but de réaliser les films auxquels il tient. Mais il s’aperçoit que l’érotisme est nécessaire au développement de son discours politique et que ce qui n’était au départ qu’une obligation est devenu une nécessité. En 1965, il fonde sa propre maison de production, Wakamatsu Production, et réalise Les secrets derrière le mur qui provoque l’indignation quasi générale, et surtout un incident diplomatique entre le Japon et l’Allemagne, en étant sélectionné au Festival de Berlin cette année-là. Sa caméra devient une arme politique offensive dénonçant les travers d’un gouvernement hypocrite et il s’impose surtout en tant que porte-parole d’une jeunesse en proie à une forte crise identitaire, comme en témoigne Va va vierge pour la deuxième fois (1967) ou encore Sex Jack (1970). Ses films, le plus souvent co-écrits avec Masao Adachi et tournés de manière frénétique (il en réalise une dizaine par an), d’apparence simpliste dans leur mise en scène dépouillée qui rappelle celle de Jean-Luc Godard, mais dont les excès de sexe et de brutalité ramènent au cinéma d’exploitation, sont de virulents manifestes anarchistes qui font encore aujourd’hui grincer des dents les autorités nipponnes et qui lui valent d’être toujours interdit sur les sols américain, russe et chinois. En 1971, Wakamatsu obtient la reconnaissance internationale à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, avec Les anges violés (1967) et Sex Jack, et ralentit en même temps son rythme de production. Cinq ans plus tard, il rejoint Nagisa Oshima qui fait appel à lui pour L’Empire des sens, dont il assure la production exécutive. Son film United Red Army sur l’Armée Rouge Unifiée (branche maudite de l’Armée Rouge Japonaise, organe terroriste international des années 70) fait l’effet d’une bombe et est récompensé au Festival de Berlin 2008, tout en continuant de parcourir les festivals internationaux les plus prestigieux. En France, le film est sorti en salles le 6 mai 2009. En 2010, Koji Wakamatsu revient au Festival de Berlin en Compétition Officielle, 45 ans après Les secrets derrière le mur, avec Le soldat dieu (Caterpillar), l’histoire d’un soldat japonais revenant de la 2ème Guerre sino-japonaise amputé de ses bras et de ses jambes. Le film remporte l’Ours d’Argent de la Meilleure Actrice décerné à Shinobu Terajima, qui interprète l’épouse du soldat dieu.
FILMOGRAPHIE SELECTIVE
Les secrets derrière le mur (1965, n&b, 75’) Festival de Berlin 1965
Quand l’embryon part braconner (1966, n&b, 72’)
Les anges violés (1967, n&b/couleur, 56’) Quinzaine des Réalisateurs 1971
La saison de la terreur (1969, n&b/couleur, 78’)
La vierge violente (1969, n&b/couleur, 66’)
Running in Madness, Dying in Love (1969, couleur, 72’)
Naked Bullet (1969, n&b/couleur, 72’)
Va va vierge pour la deuxième fois (1969, n&b/couleur, 65’)
Violence sans raison (1969, n&b/couleur, 72’)
Sex Jack (1970, n&b/couleur, 70’) Quinzaine des Réalisateurs 1971
Shinjuku Mad (1970, n&b/couleur, 66’)
La femme qui voulait mourir (1970, n&b/couleur, 71’)
Armée Rouge / FPLP : déclaration de guerre mondiale (1971, n&b, 80′)
L’extase des anges (1972, n&b/couleur, 89’)
La piscine sans eau (1982, couleur, 103′)
Paysages d’un garçon de 17 ans (2004, couleur, 89′)
United Red Army (2008, n&b/couleur, 190′) Festival de Berlin 2008
Le soldat dieu (2010, couleur, 84’) Festival de Berlin 2010